Estime de soi : comment aider son ado à prendre confiance en lui ?

Adolescent souriant devant son ordinateur, sa mère debout derrière lui
Conseils aux parents / Orientation au collège

Estime de soi : comment aider son ado à prendre confiance en lui ?

« Mon enfant manque de confiance en lui… » Nombreux sont les parents qui s’interrogent sur l’estime de soi de leur adolescent. Rien d’étonnant, puisque chacun souhaite voir son enfant grandir confiant et équilibré. L’estime de soi se construit dès l’enfance, et chacun, parent ou non, peut marquer le parcours d’un jeune par une parole, une attention ou une marque de confiance. Vous trouverez ici ce qu’en disent des sources fiables, puis des conseils concrets pour l’aider.

En bref

  • Pour Santé publique France, l’estime de soi fait partie des compétences psychosociales, qui peuvent se développer et se renforcer.
  • En moyenne, l’estime de soi reste stable entre 11 et 15 ans, puis augmente jusqu’à l’âge adulte : l’idée d’un effondrement général à l’adolescence n’est pas confirmée.
  • Son lien avec la réussite scolaire est modeste : mieux vaut valoriser des efforts et des réussites concrètes que multiplier les compliments généraux.
  • En cas de mal-être durable, parlez-en à un professionnel de santé.

Qu’est-ce que l’estime de soi ?

L’estime de soi, c’est en quelque sorte le regard que l’on porte sur sa propre valeur. Santé publique France la range parmi les compétences psychosociales dites « cognitives », aux côtés de la connaissance de soi, de l’autorégulation et de la résolution de problèmes. Ces compétences dépendent de facteurs individuels, mais aussi des relations, notamment avec la famille. Elles peuvent heureusement évoluer et se renforcer par des apprentissages, à l’école comme à la maison.

Depuis 2022, la France mène d’ailleurs une stratégie interministérielle sur quinze ans (2022-2037) pour développer ces compétences chez les 3-25 ans.

Ce que dit la recherche

  • Pas d’effondrement général à l’adolescence. Une méta-analyse portant sur plus de 160 000 participants montre qu’en moyenne, l’estime de soi augmente de 4 à 11 ans, reste stable de 11 à 15 ans, puis progresse nettement jusqu’à 30 ans. Cela n’exclut pas des difficultés individuelles.
  • Un lien modeste avec les résultats scolaires. Une revue de référence conclut qu’une bonne estime de soi est en partie la conséquence de la réussite, et que les programmes visant seulement à « gonfler » l’estime de soi n’ont pas amélioré les résultats. Elle aide en revanche à persévérer après un échec.
  • La confiance dans un domaine précis compte davantage. Les travaux des chercheurs Herbert Marsh et Rhonda Craven montrent que la confiance dans une matière et les résultats dans cette matière se renforcent mutuellement.
  • Des programmes structurés peuvent aider. Selon les synthèses citées par Santé publique France, certains programmes évalués de développement des compétences psychosociales ont des effets positifs sur le bien-être, l’anxiété et l’engagement scolaire.

Le conseil de Maud

Plutôt que « tu es génial », essayez « tu as persévéré sur ce devoir, et ça a payé ». Nommer un effort précis et une réussite concrète aide votre enfant à reconnaître ses propres ressources. C’est ce qui nourrit une confiance durable, bien plus qu’un compliment général.

9 conseils pour aider votre enfant

1. La communication

Créez un environnement où votre adolescent se sent à l’aise pour exprimer ses pensées et ses sentiments sans jugement. Écoutez-le attentivement et accueillez ses émotions.

2. Les encouragements

Félicitez-le pour ses efforts et ses réussites, même petites. Soyez précis, car un compliment qui décrit ce qu’il a fait a plus de poids qu’un éloge général.

3. Les compétences

Mettez l’accent sur ses passions et ses talents. Encouragez-le à participer à des activités où il se sent compétent.

4. L’autonomie

Laissez-le prendre des décisions adaptées à son âge et assumer des responsabilités. Faites-lui confiance.

5. La résilience

Aidez-le à voir les échecs comme des occasions d’apprendre, en insistant sur ses forces et sur sa capacité à rebondir.

6. Le soutien

Assurez-vous qu’il peut compter sur un réseau de soutien (amis, famille, enseignants, mentors).

7. L’exemple

Montrez une image positive de vous-même et de la confiance en vos propres capacités.

8. L’altruisme

Encouragez-le à s’impliquer dans des activités bénévoles. Cela peut l’aider à se sentir utile et valorisé, tout en développant son empathie.

9. Les objectifs

Aidez-le à se fixer des objectifs atteignables. Les accomplissements, même petits, contribuent à renforcer la confiance.

Estime de soi et orientation

Pour choisir une voie, il faut pouvoir identifier ses points forts et oser se projeter. Le ministère de l’Éducation nationale fait d’ailleurs de la confiance un objectif de la « stratégie de réussite » demandée à chaque collège pour les classes de 4e et de 3e, qui vise notamment à « s’orienter avec confiance ». Un jeune qui doute de lui peut avoir du mal à se projeter ou laisser les autres choisir à sa place.

C’est pourquoi l’accompagnement Premiers Pas Orientation, destiné aux élèves de 5e et de 4e, commence par apprendre à se connaître et à reprendre conscience de ses points forts, avant même de parler de métiers.

Quand demander de l’aide ?

Un manque de confiance passager fait partie de l’adolescence. Mais si le mal-être de votre enfant semble durable ou s’aggrave, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ un jeune de 10 à 19 ans sur sept dans le monde souffre d’un trouble mental. Consulter n’a donc rien de rare ni de honteux.

En appliquant ces conseils avec patience et bienveillance, vous aiderez votre adolescent à développer une estime de soi solide et durable.

Premiers Pas Orientation – 5e / 4e

L’aider à mieux se connaître

Mieux se connaître, repérer ses points forts et ouvrir le champ des possibles, sans pression, en trois rendez-vous individuels pour les élèves de 5e et de 4e, à Crevin, au sud de Rennes, ou en visio.

Questions fréquentes

L’estime de soi baisse-t-elle forcément à l’adolescence ?

Non, pas en moyenne. Une méta-analyse de grande ampleur montre qu’elle reste stable entre 11 et 15 ans, puis augmente. Certains jeunes traversent néanmoins des périodes de doute, qu’il faut savoir accompagner.

Faut-il complimenter son enfant le plus souvent possible ?

Les compliments sincères et précis sont utiles. La recherche montre en revanche que chercher seulement à « gonfler » l’estime de soi n’améliore pas les résultats scolaires. Mieux vaut valoriser des efforts et des progrès concrets.

Quel lien entre confiance en soi et orientation ?

Pour choisir une voie, un jeune doit pouvoir identifier ses points forts et oser se projeter. Le ministère de l’Éducation nationale fixe d’ailleurs aux collèges l’objectif d’aider les élèves de 4e et de 3e à « s’orienter avec confiance ».

Qui consulter si mon enfant ne va pas bien ?

Le médecin traitant ou un professionnel de santé est le premier interlocuteur. Un accompagnement en orientation ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.

À partir de quel âge travailler la confiance en soi ?

Dès l’enfance, car les compétences psychosociales se développent tout au long de la scolarité. La stratégie nationale menée depuis 2022 concerne d’ailleurs les jeunes de 3 à 25 ans.

Maud Lepierre, conseillère en orientation scolaire (En Devenir)

Coach certifiée spécialisée en coaching scolaire, Maud a travaillé 8 ans en ressources humaines, puis accompagné pendant 10 ans des étudiants dans leurs choix de formation et leur insertion professionnelle. Elle reçoit aujourd’hui les jeunes et leurs parents à Crevin, au sud de Rennes, ou en visio. Découvrir son parcours